Le groupe français, qui a ouvert récemment un bureau à Bruxelles, a fait l'acquisition de la société brabançonne Agilytic.

Encore peu connu jusqu'ici en Belgique, le groupe français Artefact est en train de se faire une place en vue sur le marché belge du conseil aux entreprises dans le domaine stratégique de la data et de l'IA (intelligence artificielle).
Moins de deux ans après avoir racheté la société belgo-suisse Effixis, et quelques mois seulement après avoir ouvert un bureau à Bruxelles, Artefact vient de conclure l'acquisition d'Agilytic, société fondée en 2015 dans le Brabant wallon par Julien Theys et Christophe Robyns. Agilytic s'est spécialisée – comme Artefact, à partir de 2014, en France – dans le conseil en data et en IA.
Notre mission reste identique : mettre les données et l'IA au service de projets qui comptent, avec des résultats fiables. Nous disposons simplement de plus de moyens pour y parvenir. Julien Theys, cofondateur d'Agilytic
"Ce choix n'est pas une "sortie" par nécessité, mais une décision stratégique. Notre mission reste identique : mettre les données et l'IA au service de projets qui comptent, avec des résultats fiables. Nous disposons simplement de plus de moyens pour y parvenir", souligne Julien Theys.
En dix ans, Agilytic, dont l'équipe comprend 30 consultants spécialisés en data et en IA, a mené plus de 400 projets en Belgique et à l'étranger, notamment pour le compte de mutuelles de santé, de banques et d'enseignes de distribution.
Grosse force de frappe
En intégrant le giron d'Artefact, Agilytic rejoint un groupe en très forte croissance. Artefact est devenue, en juillet 2025, une "licorne" – entreprise valorisée à plus d'un milliard d'euros – à la suite de l'entrée à son capital du fonds de capital-investissement britannique Cinven.
Nous accompagnons les entreprises dans l'adoption et le déploiement de solutions technologiques de pointe. Ce n'est pas juste du conseil. Robin Verschuren, AI Tech Lead d'Artefact en Belgique
"À la différence des grands acteurs du conseil (Accenture, Deloitte, BCG, McKinsey etc., NdlR), Artefact se distingue par une forte spécialisation dans la data et l'IA, explique Robin Verschuren, AI Tech Lead au siège bruxellois d'Artefact. Nous accompagnons les entreprises dans l'adoption et le déploiement de solutions technologiques de pointe. Ce n'est pas juste du conseil".
Artefact dispose d'une force de frappe dont Agilytic va pouvoir bénéficier : à la croisée du conseil, de la science des données, des technologies d'IA et du marketing, le groupe compte plus de 2 500 collaborateurs (consultants, ingénieurs, data scientists) répartis dans 27 pays.
D'autres acquisitions au programme
L'intérêt d'Artefact pour la pépite belge Agilytic est double.
D'une part, elle intègre une équipe de 30 experts en data et en IA. "Les talents, dans ces domaines, ne sont pas faciles à trouver. L'apport d'Agilytic nous permet de croître plus rapidement", indique Robin Verschuren, sachant qu'Artefact emploie déjà une vingtaine de personnes à Bruxelles et que "nous sommes continuellement en phase de recrutement".
D'autre part, l'acquisition d'Agilytic vient renforcer la plateforme d'Artefact au sein du Benelux après le rachat, en début d'année, de la société hollandaise Ofi Services.
L'ambition est d'accompagner, depuis Bruxelles, les entreprises belges, néerlandaises, luxembourgeoise et du nord de la France.
L'ambition d'Artefact dépasse, aujourd'hui, les frontières de l'Europe. Dans une récente interview au Figaro, Vincent Luciani, cofondateur et PDG du groupe, expliquait vouloir réaliser encore une quinzaine d'acquisitions et atteindre un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros d'ici à cinq ans (contre 300 millions prévu cette année). Déjà leader en Europe sur le segment du conseil data et IA, Artefact mène une expansion de ses activités aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie et en Afrique.